Atelier de la Pluie – Les Nouveaux Commanditaires

Pour rappel :

Un collectif d’habitants de Saint-Amand et de Puisaye s’est constitué pour adresser à la Société des Nouveaux commanditaires (soutenue par le ministère de la Culture), la commande d’une œuvre artistique.

Vocation de cette commande : sensibiliser autour de nous à la richesse de la vie liée à l’eau et aux soins qu’elle requiert, face au changement climatique qui la fragilise.

Sollicitée par la société des N C pour répondre à notre commande, l’artiste Suzanne Husky a accepté de l’étudier. Lors de 3 séjours à Saint-Amand, 2024- 2025, elle a noué des échanges avec un cercle élargi d’habitants et d’acteurs de la vie locale autour des initiateurs de la commande. Elle s’est imprégnée du paysage, de ses forces et de ses fragilités.

Au fil d’expéditions dans la vallée de la Vrille, de discussions, de moments de rencontres conviviales, sa proposition de réponse à notre commande a pris forme. En témoignent les comptes-rendus et reportages de plusieurs ateliers tenus avec elle, sur le site de l’association Respire qui porte notre projet : assorespire.fr

Après un échange décisif en visio-conférence avec Suzanne et nos médiatrices NC, le 26 janvier 2026, le nouveau séjour de Suzanne, du 22 soir au 26 avril matin, était très attendu. Le projet entre, en effet, dans une phase de réalisation très concrète qui requiert notre mobilisation.

3 jours d’Atelier Avec Amanda Crabtree et Suzanne Husky, médiatrice agrée des Nouveaux commanditaires

Trois jours très denses de tables rondes, de circulation le long de la Vrille, de rencontres avec des professionnels locaux de la céramique et avec un représentant du Contrat Territorial de Rivière de la CC Cœur de Loire.

Les perspectives ouvertes par notre commande à l’artiste Suzanne Husky d’une œuvre de sensibilisation au soin de notre paysage de rivière, à Saint-Amand, s’orientent autour d’une visée d’hospitalité active à l’égard des formes de vie tissées avec la nôtre, dans la Vallée de la Vrille, à Saint-Amand, avec le soin de l’eau comme priorité.

Un projet en concordance avec les actions de valorisation des paysages de l’eau, inscrites dans le Plan de Paysage, adopté en 2026 par la Communauté de Communes Puisaye-Forterre.

La « Galerie l’Art et la matière », mise à notre disposition par la Mairie pour ces trois jours, allait être notre lieu de ralliement, bienvenu pour des moments de documentation et d’échanges. Le soleil généreux nous a permis d’aérer nos moments de travail, nos pauses conviviales et nos déambulations le long de la Vrille.

Au cours de visites de voisinage, Suzanne a pu s’entretenir avec des céramistes locaux en vue de sa réalisation en céramique pour Saint-Amand, d’un blason de l’hospitalité active dans notre paysage de rivière.

En fonction des thèmes de travail, ces 3 journées à venir allaient réunir, tantôt quelques commanditaires avec Suzanne et Amanda, tantôt un cercle plus large, en fonction du sujet des échanges et des disponibilités pour y participer.

Jeudi 23 avril 2026

Le matin, Accueil de Suzanne par Amanda et première réunion de travail entre elles.

En début d’après-midi, en présence d’Amanda et d’Odile, un temps d’échange entre Suzanne Roland Eve (biologiste du groupe de commanditaires) prépare le terrain des réunions de groupe qui vont suivre. Plusieurs questions sont en jeu, parmi lesquelles :

-Quel lien entre les actions prévues dans la zone délimitée pour notre action de Nouveaux commanditaires avec Suzanne ? Une carte du bassin versant de la Vrille à Saint-Amand, esquissée par Roland, identifie les lieux clés de cette action. Nous la complèterons avec Roland, le lendemain.

-Quelle vocation attribuons-nous au parcours vers la ligne de partage des eaux que nous avons prévu d’ouvrir à la découverte ?

– Quels enjeux pour l’inventaire de biodiversité programmé ?

En fin d’après-midi, moment pour tous les commanditaires disponibles de reprendre avec Suzanne l’échange qui, cet hiver, passait par la visioconférence et par la médiation d’Amanda. Plaisir d’abord de se retrouver en direct avec elle, dans le parc du château.

Questions au cœur des échanges :

-A quel engagement collectif, le grand dessin aquarellé réalisé par Suzanne et le blason qu’elle prépare, nous appellent-ils ?

-Quelles priorités pour notre action des prochains mois ?

Comme le rappelle Amanda, tout se tient dans ce projet, du grand dessin de Suzanne, légendé « Les trous vivants du sol attendent la pluie », jusqu’au blason qu’elle projette, en passant par les actions en vue dans la zone que nous avons cernée entre la Vrille et la ligne de partage des eaux.

Nous avons appris, auprès de Suzanne, à penser ce fil rouge des réalisations dans lesquelles nous nous engageons sous l’expression d’hospitalité active à l’égard de la diversité des formes de vie en interdépendance avec la nôtre, dans la vallée. Il s’agit en priorité du soin de l’eau dont dépend toute cette vie.

Le projet inclut l’impulsion donnée par Suzanne à l’expérimentation d’une méthode inspirée des constructions des castors pour soigner la rivière. A ces directions d’action correspondent des axes de financement distincts et des acteurs différents. Pour nous, commanditaires : la responsabilité d’y contribuer chacun(e) avec ses compétences et sa disponibilité propre.

Suzanne nous expose le projet de chantier qu’elle encourage pour la formation des Techniciens Rivière de la Nièvre, à l’automne prochain. Saint-Amand pourrait être un site d’expérimentation pour ce chantier, d’un intérêt pédagogique manifeste.

Un projet pédagogique annexe de construction participative d’une hutte de castors est envisagé.

Le circuit que nous avons prévu de faire baliser, entre la Vrille et la ligne de Partage des eaux, peut devenir un véritable corridor écologique, en même temps qu’un parcours d’éveil à l’hospitalité active à l’égard de la biodiversité. Pour cela, des tâches se dessinent : identifier les secteurs favorables à des plantations qui l’enrichiront d’arbustes à fruits pour les pollinisateurs, les oiseaux, la cueillette ; inventorier la vie dans le réseau des mares, etc.

Atelier des travail des Nouveaux Commanditaires

Nos échanges se poursuivent le soir dans la convivialité de l’apéritif partagé par les commanditaires avec Suzanne. Des questions sont posées au sujet du blason en voie de création. Quelles contraintes pour sa réalisation en céramique ? Quel emplacement lui conviendrait ? Comment symbolisera-t-il notre engagement à l’hospitalité active dans notre « paysage-rivière » ? Questions à nouveau en jeu dans nos échanges du samedi.

Vendredi 24 avril 2026

Matinée tout entière occupée par une expédition le long de la Vrille en compagnie de Siméon Marceau, animateur du Contrat de Rivière Vrille Nohain Mazou, pour la CC Coeur de Loire.

L’intervention artistique de Suzanne est porteuse d’un élan d’action collective pour soigner l’eau douce dont dépend toute vie dans le bassin de la Vrille. Les techniciens rivière sont donc des interlocuteurs importants.

Céline Auguste, Technicienne Rivière responsable de la Vrille pour la CC Cœur de Loire, en échanges avec Suzanne et Amanda, les a informées que plusieurs tronçons de la Vrille à Saint-Amand requièrent une intervention technique de ses services : des travaux prévus dont les dates ne sont pas confirmées. Il semble donc intéressant d’envisager un changement d’approche pour ces travaux que la CCCL estime nécessaires. Il faut cependant en vérifier la faisabilité avec les Techniciens rivière.

Rendez-vous a donc été pris ce matin, à 9 h 30, devant la Galerie l’Art et la matière, avec Siméon Marceau, mandaté par Céline Auguste pour nous conduire dans ce secteur de la Vrille et pour échanger avec Suzanne sur la méthode la plus appropriée pour ralentir la circulation de l’eau sur un tronçon de la rivière. Les commanditaires disponibles ce matin et quelques-uns de leurs amis participent avec Amanda à cette déambulation instructive.

Nous observons la Vrille, l’érosion verticale des berges, la fragilisation de la ripisylve. Des questions sont posées au sujet du projet de clôture du captage de l’eau et de l’entretien des pelles du moulin du Château. Entre écoute des avis experts et partage des expériences de la rivière, cette sortie aura favorisé des échanges passionnants.

Lors de ses précédents séjours, Suzanne Husky, riche de son engagement dans le Mouvement d’Alliance avec le Peuple Castor qu’elle co-dirige, a déjà partagé avec nous ses compétences en matière de soin doux des rivières, réalisable par de petits chantiers participatifs, sans recours aux engins mécanisés ni transport de gravier, ni bétonisation. Elle propose d’expérimenter ici cette méthode qui a fait ses preuves en France et ailleurs, comme en témoignent plusieurs études documentaires.

Complexité de la question de la continuité écologique de la rivière
Avec Suzanne Husky et Siméon Marceau, près de la station de pompage dans la Vrille

La visite d’aujourd’hui, constructive selon Siméon Marceau, confirme l’intérêt des Techniciens du Contrat Territorial de Rivière de la Nièvre pour cette méthode. Ils vont en examiner, avec l’aide de Suzanne, les conditions de mise en œuvre. Un inventaire de la biodiversité avant et après cette intervention s’imposera afin d’en mesurer les effets pour la santé des poissons, des oiseaux, des insectes, en lien avec la qualité et le débit de l’eau.

Vendredi après-midi : Visite de Suzanne chez des céramistes puis réunion du cercle des commanditaires élargi.

Accompagnée par Clément Novaro et Amanda Crabtree, Suzanne, qui a déjà œuvré en céramique, s’informe auprès de céramistes à Saint-Amand et dans les environs, des techniques de cuisson qu’ils pratiquent. Les échanges de Suzanne à ce sujet se poursuivront le lendemain matin en réunion avec les commanditaires : plusieurs sont bons connaisseurs de la terre de Puisaye et des techniques de sa cuisson, quelques-uns sont eux-mêmes potiers.

La fin d’après-midi est consacrée au projet d’une charte « de l’hospitalité active et des eaux vivantes » que Suzanne nous a incités à élaborer. Notre cercle s’est aujourd’hui élargi à quelques sympathisant(e)s du projet NC, invités pour enrichir notre échange de leurs regards.

Plusieurs d’entre nous ont déjà réfléchi au sens et à l’intérêt concret d’une telle charte. Nous pouvons en particulier nous inspirer des chartes de mouvements collectifs ayant la même vocation écologique que le nôtre : Charte des Forêts vivantes du Réseau alternatives forestières, Charte des Haies, adressée aux maires des communes de la vallée par le collectif BIRD, pour un « Bocage, Indispensable Réservoir de Diversité en Puisaye ».

Comme Suzanne nous y invitait, les un(e)s sont parti(e)s de leur « écotopie » de notre paysage de vie dans 50 ans. « Nous boirons l’eau de la Vrille », dit l’une ; « Toute l’agriculture sera bio », dit une autre. D’autres ont préféré dire leurs visées plus immédiates, à la portée de notre engagement ici, maintenant, en réseau avec d’autres associations et en lien avec nos élus.

S’engager dans l’hospitalité active ne sous-entend pas un esprit de propriétaires accueillant les autres chez eux. Cela suppose la conscience de notre responsabilité de cohabitants de la vallée. Rien d’écrasant, rien d’impossible dans cette responsabilité si, selon l’expression de Suzanne, nous prenons confiance dans notre « pouvoir d’activer les processus naturels de vie ».

Après le travail en atelier, la convivialité

Notre tour de table animé, prolongé durant le dîner partagé sous les arbres, aura lancé le chantier de la charte, à poursuivre par les commanditaires. En témoigne le condensé des échanges illustré avec talent par notre ami Valentin pendant que nous parlions.

Ecotopie pour Saint-Amand

Samedi 25 avril 2026

Dernière réunion avec Suzanne et Amanda, dans la Galerie L’Art et la matière.

Amanda nous ramène au plan d’ensemble de notre projet, figuré sur la carte de notre zone d’intervention schématisée par Roland. Nous la complèterons au fur et à mesure des repérages des actions projetées : emplacements pour des nichoirs favorables à la nidification des oiseaux de passage, mares à réanimer dans les hameaux, ruisseaux à soigner, etc.

Suzanne est à l’écoute d’informations sur la terre, matériau du blason qu’elle va réaliser. Il est question des essais qu’elle en fera à distance. Le choix de son emplacement est encore à déterminer. Nous nous entendons pour envisager, avec la Maison des Enfants potiers de Saint-Amand, la réalisation par des écoliers de petits blasons des espèces à protéger. Ils seraient autant de jalons sur le chemin vers la ligne de partage des eaux Loire/Seine que nous nous préparons à ouvrir à la découverte.

Nous revenons au chantier de la charte qui condensera l’esprit et la démarche de l’action dans laquelle nous sommes engagés. La place faite à l’hospitalité active dans la Charte des fermes paysannes et sauvage de la Drôme pourrait nous inspirer. Suzanne retient maintenant notre proposition de titrer la nôtre « Charte de l’Hospitalité active dans la vallée de la Vrille ».

Notre session de travail s’achève dans l’émotion de voir Suzanne dérouler devant nous l’original de sa grande aquarelle. Nous n’en avions vu que la reproduction réduite, aux teintes atténuées, sur l’affiche du Festival de la pluie 2025.

L’œuvre a encore été enrichie et titrée le soir-même par Suzanne, avant son départ : « Hospitalité active dans la vallée de la Vrille ». Encadrée aux bons soins d’Amanda, elle s’offrira à l’observation détaillée dans la Bibliothèque de Saint-Amand où Céline s’emploie à enrichir, pour tous âges de lecture, les rayons de livres sur l’eau dans tous ses états, les haies, la forêt, la vie dans sa diversité.

Devant le dessin créé par Suzanne pour Saint-Amand

Avant de nous quitter, Suzanne nous a invités à prévoir à l’automne prochain le voyage d’un cercle élargi autour des commanditaires, pour la retrouver sur le chantier de formation des Techniciens rivière du lycée agricole de Challuy, qu’elle organise avec le soutien du Conseil Départemental de la Nièvre.

Pas de doute, l’œuvre de sensibilisation par l’art à la richesse, à la fragilité de la vie, au soin qu’elle requiert dans notre vallée, commandée à Suzanne Husky, commence à fructifier !

Axes principaux du projet Nouveaux commanditaires, En voie de réalisation en 2026-2027

– Un grand dessin réalisé par Suzanne Husky, en voie d’encadrement, destiné à la Bibliothèque de Saint-Amand et un blason de l’hospitalité active et des eaux vivantes pour l’espace public, que l’artiste prépare avec l’expertise des céramistes de Saint-Amand.

– -Un inventaire de la biodiversité dans la zone de notre intervention, commandé à Roland Eve, biologiste.

– Une charte de l’Hospitalité active dans la Vallée de la Vrille, en cours d’élaboration par les Commanditaires.

– Un circuit entre la Vrille et la ligne de partage des eaux, destiné à devenir corridor écologique et un parcours d’éveil au soin de la biodiversité. Parmi les tâches qui se dessinent : inventorier la vie des mares, identifier les secteurs favorables à des plantations qui l’enrichiront de fruitiers pour les pollinisateurs, les oiseaux, la cueillette, baliser ce parcours.

– Plusieurs projets pédagogiques associés : participation d’enfants de l’école de Saint-Amand, à la création de petits blasons en céramique à l’effigie des espèces à protéger le long du parcours balisé ; initiation d’une classe du collège à l’inventaire de la biodiversité programmé ; atelier de construction participative d’une hutte de castor éphémère, proposé à l’expertise d’un architecte du groupe des commanditaires.

– Une formation au soin « low-tech » (économique et en douceur) des milieux rivières, en voie d’expérimentation dans la Vrille à Saint-Amand, avec la participation active des commanditaires, dans le cadre d’une coopération entre la CC Cœur de Loire, le département de la Nièvre et le Mouvement MAPca, pour des rivières vivantes.

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