Un débat animé, entre évolution, droits et valeur données au vivant.

Pourquoi ne pas donner un statut juridique aux nuages ?

Dissertation de niveau élevé, samedi, à la galerie L’Art et la matière, à l’occasion du premier « Atelier de la pluie » de l’année que les activistes du Festival de la pluie et de l’association Respire avaient placé sur (ou sous) le thème des nuages. Dehors, une banderole « Les nuages ne s’arrêtent pas aux frontières » -que des militants antinucléaires n’ayant pas oublié la catastrophe de Tchernobyl auraient pu fixer là? -plantait le décor.

Le ton est donné par les comédiennes Evelyne et Raphaële de la compagnie locale L’Etoffe des rêves jouant une partie de leur spectacle In cloud we trust. Et réaffirmant que prendre le temps de regarder les nuages, ça abaisse le stress.

« TOUT BOUGE »

Retenu près de Nîmes pour un hommage à son ami botaniste, Francis Hallé disparu le 31 décembre, le jardinier Gilles Clément était là en visio. « On peut changer, on a le droit » : il a philosophé avec une mise en perspective de la classification poétique des nuages signée par Lamarck en 1802 et de la théorie de l’évolution de ce dernier à l’époque non prouvée par l’expérimentation, tenant au transformisme et se passant dans la descendance, auxquels beaucoup ont préféré la théorie de Darwin. Pour conclure que la science n’est sûre de rien, « on découvre tout le temps » et « tout bouge tout le temps ». Le jardin créé par Gilles Clément à Valloire reflète cela avec les trois grands concepts de Lamarck mis en scène, biologie, érosion et nuages.

Puis les nuages, de longue date attaqués par l’ensemencement pour faire pleuvoir, éviter la grêle ou rendre le ciel bleu, ont été « érigés » en zone à défendre. la juriste Marine Calmet et l’écrivain et ancien avocat Mathieu Simonet ont rappelé qu’aucune réglementation n’existe sur les nuages hormis une convention pour interdire d’en faire une arme de guerre. lié à la valeur donnée au vivant, le droit des nuages est un droit à inventer et l’on peut rêver avec l’exemple de cette montagne sacrée des Maoris que la Nouvelle-Zélande vient de reconnaître comme ancêtre des Maoris. En attendant, Mathieu Simonet organise des actions politico-poétiques comme la journée internationale des nuages le 29 mars.

F.M.

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