PROLOGUE: Philéos et Jacinthe étaient invités aux Ateliers de la Pluie le 19 octobre de l’an XI (2026), à Saint-Amand-Les-Epuisettes, afin de proposer pour la première fois une Fête foraine spécial Tournée de l’Eauracle. En effet, pour l’occasion les épourquoipatistes ont préparé de nouveaux manèges dédiés au thème de l’eau et de la pluie.
A 11h ils débarquent depuis la Morvandie centrale, dans le magnifique Château de Saint-Amand-Les-Épuisettes qui accueille le Musée du Grès, dédié à la poterie et à la céramique et notamment aux œuvres de Jean Carriès. D’ailleurs le poète de Morvandie a dédié un essai à ce lieu, Face à la pile d’assiettes et la nouvelle Une banale histoire d’amour, que vous pouvez découvrir en cliquant sur les mots bleus, les mots qu’on dit avec les yeux.
L’urgence est d’obtenir un café. Et voici que Philéos et Jacinthe dans leur costume du samedi, entrent dans l’épicerie L’amarante.
Ils commandent deux cafés, discutaillent avec la l’Amarantine de l’air du temps et des excès de notre monde, et vont s’installer à une table verte en extérieur. Le temps de faire l’inventaire des petits réglages en perspective pour installer les manèges de la fête. L’intervention initialement prévue rappelez-vous, le 27 juin, fut annulée pour cause de canicule. Un arrêté préfectoral interdit toute manifestation sportive et en plein air, parce qu’il faisait 42° et qu’on pouvait bien en mourir.
Ah rien ne justifiait plus les aventures des poètes épourquoipatistes, venus des confins de la vallée, ayant traversé l’immense et tumultueux Fleuve du Pas de Côté, dans l’idée de rafraîchir la Terre et de changer la Farce du monde. Mais voilà, les 24 jours à plus de 40° au cours de cet été de l’an XI, ils le savaient, ne suffiraient pas à fissurer la puissance armature de zags dans laquelle nos modes de vie sont embastillouinés.
Devant les épourquoipatistes, une magnifique clairière. Pensez que sont abrités ici un catalpha bicentenaire d’Amérique du nord, avec ses fruits en forme de gousses haricots, un Platane d’Amérique avec sa circonférence massive et l’envergure spectaculaire de sa ramure, mais encore des Cyprès chauves de Louisiane. La petite clairière arborée sera parfaite. Il faudra une heure ou deux pour y installer les 10 manèges du jour.
14h25. Monsieur Didier, propulseur des Ateliers de la Pluie, invitant des épourquoipatiste, se présente. Une discutaille. La fête foraine démarre dans cinq minutes et il n’y a pas foule. Et c’est alors que surgit d’on ne sait où une vingtaine de personnes de toutes tailles, âges et coloris, qui formeront le magnifique public de cette fête foraine. Eh ben voilà, c’est parti.

Présentation
Jacinthe et Philéos présentent l’univers épourquoipatiste. Et ce n’est pas rien en cinq minutes. Huit ans de pérégrination entre le monde normal et le nouvel air. Car voilà, Eugène Toutencarbon découvre en l’an III (2018), que 12 gaz humains sont responsables des gaz à effet de serre, qu’il appelle Zags. Par exemple l’ECLA (L’Enfer C’est Les Autres), le MAKB (Mais A Koi Bon Dfaçon) et le GTP (G Pas le temps). Comment on va faire pour rafraîchir la Terre ? Il se demande. Il publie sa Nomenclature juste avant de se faire écraser par un bus. Et c’est ainsi que 5 tribus de poètes et philosophes créent le Mouvement Epourquoipatiste international, décidés à lutter contre ces Zags, rafraîchir la Terre, changer la Farce du monde et ouvrir un de ces jours les portes du nouvel air. Ou pas. Jacinthe et Philéos fabriquent chaque année une passerelle afin de faire interagir le monde normal et le monde épourquoipatiste, dans cette idée. Ils ont ainsi inventé la Fête foraine épourquoipatiste et conçu un cru spécial Tournée de l’Eauracle pour ce jour, dédié à la question de l’eau et de la pluie.

La devise du manège : « Chamboule tout, pas de poutou, chamboule rien, ration de pain ».
Le Chamboule rien
Jacinthe explique que le manège consiste à traverser le Chamboule rien, sans chambouler rien. Et si tu chamboules une bidouillerie, tu dis : « zut j’ai chamboulé une bidouillerie » et la remets en place. Il est installé dans un bosquet labyrinthique à force de branches de bois séchées et biscornues. Trois enfants vont le traverser sous le regard épatoustoupouflé de leurs parents, avec succès, et hériteront d’une magnifique ration de pain.

« Si tu veux vivre Sans temps, fais rebondir l’écran. Ou pas ». Léon Zigtrone.
Le lancer de Smartfaune
C’est le manège le plus célèbre, que nous envient les Foires foraines du monde normal entier. Philéos explique que les épourquoipatistes ont inventé le Smartflore, avec ses six roseaux sociaux : Mamazone, Farcebook, Thé 8h, Instragoom, Fric froc, What sape (pour les fringues). Et comme ils n’avaient plus besoin de leur Smarfaune on inventé ce jeu. Beaucoup de candidats, de merveilleux jets. Nous avons pu avoir ce coup-ci : un magnifique touché de branche / une dégringolade à gauche / un achevage improbable de branche / un looping rebond / un failli ! et enfin un Bingo avec chute de seau. Festival de bidouilleries distribuées. Dont : une mini-terre, une mini-ardoise, un coquillage, un petit chat, une plume…

« Nous sommes faits de 80% d’eau, alors quand les 1000 cailloux seront rassemblés, nous retrouverons la mémoire de l’eau, et boirons avec délice, à notre santé ». L’Eauracle.
Le Puits de l’Eauracle, ou Puits aux mille cailloux
L’Eauracle est le génie de l’eau. Philéos raconte que ce dernier fut capturé par des aquabonnistes, jeté dans un puits sur une île, laissé pour mort. Il se cogne la tête, se réveille, creuse sous la mer, arrive en Morvandie. Mais chaque jour anniversaire de sa cognerie, il oublie tout ce qu’il sait sur l’eau. Il décide d’aller dans les villes et villages pour demander aux gens ce qu’ils savent sur l’eau, et quelle questions ils ont sur l’eau, et de les écrire sur des cailloux. Il crée un Puits dans lequel se retrouveront un jour 1000 cailloux. Imaginez, le matin, on viendrait auprès du puits, on attraperait un caillou, le lirait, en discuterait, et comme ça, on oublierait plus ce que l’on doit savoir sur l’eau et comment la préserver. Le premier Puits aux mille cailloux a été inauguré au Parc à Tannerre-les-épuisettes et fera ensuite des petits. Jacinthe invite maintenant les participant(e)s à proposer des phrases à propos de l’eau, qui se trouveront dans le Puits, pour l’éternité.

« Le jour où Monsieur Belles chaussures viendra déguster des eaux dans ma cave, en tournicotant doctement la moustache, on pourra escompter un joli rafraîchissement de la Terre ». Eaudile, productrice d’eau sans bière.
Le petit test d’Eaunologie
C’est un tout nouveau manège, spécialement conçu pour l’occasion. Il s’agit de goûter trois eaux, et de deviner laquelle est l’Eau de là, l’Eau au plastique et l’Eau zageuse. Jacinthe explique qu’il existe des milliers d’eau à connaître : de pluie, de puits, l’eau pâle, l’eau d’As, l’eau vidée, etc., avant de proposer la dégustation. Ceux qui trouvent héritent d’une fiole d’Eaudacium, de l’Eauvine et de l’Eauptimol, trois potions utilisées par les épourquoipatistes pour cheminer à travers les villes et les villages en quête du nouvel air. La petite sur la photo goûtera pour la première fois de l’eau zageuse et fera : pouarfreessst, j’aime bien.

« Tant va la larme à la cruche, qu’à la fin elle se tasse », Maître cube, an XXIV du nouvel air.
La course de la Lentille façon maître Cube
La course de la lentille consiste à courir le plus lentillement possible et avec poésie d’un point A à un point B avec poésie. Elle a été inventée par des ralentistes de rue et des champs. Il existe de multiples variantes. Et la façon Maître cube est expérimentée pour la première fois. Philéos raconte d’histoire du jeune Roméo, qui un jour peiné de voir sa mère se fatiguer à aller chercher de l’eau au puits décide de relier la source du village à la maison, par un tuyau. L’eau se met ainsi à couler dans la cuisine pour la première fois et révolutionne le village. Roméo sera surnommé Maître cube. Jusqu’au jour où Maître cube s’aperçoit que la source commence à se tarir. Jamais à cours d’idée il essaye de faire adopter la « Midouche » aux gens du village, mais n’y parvient pas. Et ce funeste jour arrive où l’eau de s’écoule plus. Les gens du village se précipitent devant la maison de Maître cube, l’implorant de ramener l’eau. Maître cube jamais à cours d’idée, recueille alors les larmes d’un enfant et les apporte dans une cruche posée au bord du puits. Les man’s et pa’s comprennent l’importance d’économiser l’eau et décideront de faire de même avec leurs enfants, les yeux remplis de larmes. Philéos invite les gens de la Fête foraine à courir le plus lentillement possible avec de l’eau dans le creux des mains, afin de remplir la cruche.

« Vindiou, quelle magnifique ressource nous avons-en nous » s’écria le paysan devant son généreux plant de tomates.
Le stand de Pipistolet
Le stand du Pipistolet est une création de l’APPC, l’Association de Promotion du Pipi et du Caca et notamment de Morvan Pipi. Il consiste à réapprendre à jouer avec la poudre de Perlipipi, riche en azote, phosphore et phosphate, au cas où un jour les gaz de la Terre permettant de fabriquer la poudre de Perlimpinpin qui fait pousser plus vite les tomates et pas que, viendrait à manquer. Jacinthe explique : une goutte de Perlipipi dans un pot de terre avec une graine, pour dix gouttes d’eau de pluie et le tour est joué. Entraînement des enfants à ce divertissement du futur. Ou pas.

« Chacun et chacune a bien compris que c’est dans les mini-choses que se cachent les maxi-trucs ». Poète anonyme.
Atelier de mini-dessins pour les mini-gens
Les artistes économes ont créé l’atelier de mini-dessins pour les mini-gens, après avoir fait la découverte d’une mini-table et de ses mini-tabourets dans une mini-brocante. C’est pourquoi ils préparent depuis plusieurs mois, une mini-expo, à partir des dessins des personnes participantes des fêtes foraine. Ce jour-là, le thème était : les nuages, afin d’initier la première fête nuages du nouvel air, dans le cadre du Festival de la Pluie de l’an XII pourquoi pas.

« L’humain n’est qu’une pauvre bête d’façon, alors passons enfin aux choses sérieuses », le poète Jean, quelques minutes avant son pas de côté.
L’Arbre à Filpockets
Les filpockets sont des enfants sauvages, contraire des pickpockets. Ils sont les emblèmes du monde épourquoipatistes. Leur métier consiste à mettre un trésor dans la poche des passantes qui passent et de s’enfuir. Ils font ça pour qu’on aime mieux l’humanité après. Voici un arbre rempli de trésor à filpockets. Le manège consiste à se laisser guider par ses parents ou qui que quoi, les yeux bandés, pour attraper un trésor, et devenir un(e) filpocket à son tour. Voilà.

« Le piano des accordées est la muse du nouvel air. La Muse Hic je crois ». Le Barde Octave.
Le Piano des accordées
Le piano des accordées à été désaccordé par une des accordeuses professionnelle. Les poètes ont constaté que trop de gens chantent bien, et que par ailleurs, il ne pleut plus et ont pensé qu’il y avait un rapport entre les deux. Ils ont ainsi créé ce piano afin de faire pleurer de rire les nuages. Jacinthe propose qu’une pianiste se dévoue, des choristes, et que l’on choisisse une chanson. Et c’est parti pour Il pleut bergère, presse tes blancs moutons, nana nana nana, nana nana, nanana. Somptueux.

La carte du monde épourquoipatiste et du monde normal
On ne va pas vous mentir, cette carte est le résultat d’un travail vertigineux de synthèse de huit ans d’aventures. Merci à Ray Clid de l’avoir fait entrer dans la lumière. Chaque dessin renvoie à un conte et chaque conte à un monde. Elle représente un tournant dans l’épopée des épourquoipatistes, car elle permet aux passantes qui passent de se rendre compte que ce monde existe vraiment, et qu’il fut forgé par le sens, les larmes de joie et l’espoir indestructible des poètes. Elle représente, d’une certaine manière la première passerelle du monde normal et du monde épourquoipatiste réunis, vers le nouvel air.
Remerciements
Les Epourquoipatistes tiennent à remercier l’Association Respire et les Ateliers de la Pluie pour leur invitation, leur ténacité et leur confiance. Ainsi que le Département de la Nièvre pour le soutien apporté à cette démarche et cet événement, le FDVA, Fonds de développement de la vie Associative de la Région Bourgogne Franche Comté, mais encore les 25 participant(e)s adorables de cette fête foraine, et monsieur Michel de Filsous Magazine.